Nés Aujourd’hui – 20 août : Giorgio Albertazzi, Icône du Théâtre Italien

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Le 20 août 1923, l’un des personnages les plus charismatiques du théâtre et du cinéma italiens du XXe siècle est né : Giorgio Albertazzi. Acteur, metteur en scène, intellectuel et personnalité télévisuelle, Albertazzi était souvent appelé « l’empereur du théâtre » pour sa capacité à dominer la scène avec une voix unique, un charisme magnétique et une intensité interprétative inégalée. Des années après sa disparition, sa figure reste centrale dans l’histoire de la culture italienne.
Enfance et Jeunesse : De l’Ombre de la Guerre à la Scène
Giorgio Albertazzi est né le 20 août 1923 à Fiesole, en Toscane. Issu d’une famille modeste — son père travaillait pour la voie ferrée — il montra très tôt intelligence et passion pour les arts et la littérature. Dans sa jeunesse, il poursuivit des études d’ingénierie et d’architecture, mais la Seconde Guerre mondiale bouleversa sa vie.
Pendant cette période, comme beaucoup de ses pairs, il fut impliqué dans la République sociale italienne, ce qui entraîna deux années d’emprisonnement après la fin de la guerre. L’amnistie Togliatti de 1946 lui rendit la liberté et lui offrit la possibilité de se réinventer complètement. C’est alors qu’il choisit de consacrer sa vie au théâtre, transformant les expériences douloureuses en source d’énergie artistique.
Débuts et Rencontres avec de Grands Maîtres
Albertazzi fit ses débuts sur scène à la fin des années 1940, dans une Italie d’après-guerre en reconstruction. Sa carrière prit son envol grâce à sa rencontre avec Luchino Visconti, qui le fit jouer dans Troilus and Cressida au Maggio Musicale Fiorentino en 1949. À partir de ce moment, la scène devint son véritable foyer.
Dans les années 1950, il rejoignit des compagnies théâtrales prestigieuses, se distinguant par sa voix profonde et sa diction impeccable. Un moment clé fut sa collaboration avec Anna Proclemer, célèbre actrice et compagne de longue date. Ensemble, ils fondèrent une compagnie qui monta des œuvres d’auteurs tels que D’Annunzio, Camus, Sartre et Goldoni, s’imposant comme l’un des duos artistiques les plus fascinants d’Italie.
Un Interprète de Shakespeare Sans Frontières
Albertazzi fut avant tout un remarquable interprète de William Shakespeare. En 1964, lors du 400ᵉ anniversaire de la naissance de Shakespeare, il joua Hamlet sous la direction de Franco Zeffirelli à l’Old Vic de Londres. Cette performance entra dans l’histoire : Albertazzi fut le premier acteur italien à être reconnu officiellement sur l’une des scènes shakespeariennes les plus prestigieuses au monde.
Sa capacité à allier rigueur et passion, gestes classiques et interprétation moderne, fit de lui une référence non seulement en Italie, mais aussi en Europe et au-delà. De Hamlet à King Lear, Othello et Macbeth, Albertazzi bâtit un répertoire qui cimenta sa renommée internationale.
Cinéma et Télévision : Une Figure Polyvalente
Bien que le théâtre fût son domaine principal, Albertazzi ne délaissa pas le cinéma et la télévision. Il est particulièrement mémorable pour son rôle énigmatique dans « L’Année dernière à Marienbad » (1961) d’Alain Resnais, un film emblématique du cinéma expérimental européen.
En Italie, il collabora avec des réalisateurs tels que Damiano Damiani, Ugo Gregoretti et Liliana Cavani. Son visage austère et sa voix magnétique le rendirent parfait pour des rôles intenses, parfois énigmatiques ou dérangeants.
À la télévision, il participa à des adaptations réussies dans les années 1960 et 1970, lorsque la RAI fit entrer le théâtre de qualité dans les foyers italiens. Ses interprétations de personnages littéraires tels que Faust ou Jekyll permirent à des millions de spectateurs de découvrir le théâtre depuis leur salon.
Voix et Langage : L’Art de Captiver
L’une des caractéristiques les plus distinctives d’Albertazzi était sa voix. Chaleureuse, profonde et hypnotique, elle pouvait captiver un public même lors d’une simple lecture de poésie. Il fut souvent invité pour des récitals, lectures et émissions télévisées consacrées à la littérature.
Il devint également populaire grâce à Carosello, le programme publicitaire télévisé italien le plus célèbre, où il récitait des vers et des anecdotes avec élégance. Il gagna ainsi le surnom affectueux de « cygne des pâtes », alliant culture élevée et quotidien populaire.
Metteur en Scène et Directeur Artistique
Parallèlement à sa carrière d’acteur, Albertazzi fut un metteur en scène respecté. Sa vision visait toujours à rendre les classiques accessibles sans en diminuer la complexité. En 2003, il fut nommé directeur du Teatro di Roma, apportant son expérience et son prestige à l’une des institutions culturelles les plus importantes d’Italie.
Homme Privé, Artiste Universel
Derrière l’image publique, Albertazzi était discret. Sa longue relation avec Anna Proclemer alliait amour et partenariat artistique. Plus tard, il épousa Pia de’ Tolomei, qui resta à ses côtés jusqu’à la fin. Malgré sa notoriété, il évita toujours le sensationnalisme, préférant communiquer à travers son travail.
Dernières Années et Héritage Durable
Jusqu’à quelques mois avant sa mort le 28 mai 2016 à Roccastrada, en Toscane, Albertazzi continua à jouer. Sa vitalité sur scène était telle que, même âgé, il captivait le public par la seule puissance des mots.
Son héritage est double : une contribution artistique exceptionnelle au théâtre et au cinéma italiens, et l’exemple d’un homme qui, malgré un passé difficile, se réinventa grâce à l’art, devenant un symbole de dévouement, passion et excellence.
Conclusion : Célébrer un Géant
Aujourd’hui, le 20 août, nous célébrons la naissance de Giorgio Albertazzi. Un artiste qui traversa le XXᵉ siècle avec grâce et puissance, laissant un patrimoine culturel inestimable.
Parler d’Albertazzi, c’est parler de théâtre, de cinéma, de télévision et de littérature. C’est évoquer une voix qui transforma les mots en émotion, des yeux qui enflammèrent les personnages et une force qui rendit les classiques immortels.
Joyeux anniversaire, Maestro. Votre scène ne s’est jamais éteinte
